Le sanctuaire Notre Dame du Laus, Refuge des pécheurs, est un lieu de conversion. Ici, auprès de la chapelle de Bon-Rencontre, de nombreux pèlerins viennent se confesser et repartent renouvelés. Le Père Michel Denis, chapelain, répond à nos questions.

Notre-Dame du Laus : Pouvez vous, mon Père, nous rappeler le sens et la nécessité du sacrement de pénitence et de la
réconciliation ?
Père Michel Denis : Il faut dire tout d’abord qu’il n’y a pas de vie spirituelle possible sans humilité, sans reconnaissance
et regret du mal que l’on fait, avec le désir d’être pardonné. Le pardon de Dieu fait partie de la bonne nouvelle à proclamer car le péché nous
abîme, il nous sépare de Dieu et des autres qu’il blesse. Il blesse également l’Eglise Corps du Christ que nous formons et qui est instrument de salut pour l’humanité. Les sacrements sont des signes efficaces de la grâce permettant l’expérience de Dieu. Il y a donc dans le
sacrement de pénitence et de réconciliation une rencontre avec Dieu, on y regarde sa vie en sa présence, sous son regard aimant. On y reçoit une grâce donnée pour une libération intérieure, pour
une réconciliation avec Dieu, avec soi-même et les autres. Cette grâce nous apporte la joie et la paix du cœur ainsi qu’une force pour nous guérir de nos faiblesses. Ce sacrement donne un
véritable élan à notre vie chrétienne, il est donc tout le contraire de la routine.
N-D du L : Peut-on se confesser directement à
Dieu ?
P. MD : C’est Jésus lui-même qui a donné à ses apôtres le pouvoir de pardonner les péchés. Pour recevoir ce pardon, on se confesse
donc à Dieu par le ministère de l’Eglise. On est là dans la logique de l’incarnation, les forces du Christ continuant d’agir à travers son Corps qu’est l’Eglise. Dans les sacrements, elles sont
données à travers ceux qui agissent en son Nom d’une manière singulière et qu’il a appelé : les prêtres. Un sacrement est donné concrètement par un geste et une parole, l’Esprit Saint est
invoqué et il vient dans les cœurs disposés. Se confesser à un prêtre offre l’assurance d’être pardonné et la force pour combattre les péchés. Bien sûr, de même que l’Esprit souffle où il veut,
Dieu pardonne comme il veut, à celui qui se repend sincèrement. Cependant, par le Christ, il nous a offert le don merveilleux de ce sacrement. Benoîte s’est écriée un
jour : « Belle Mère de Dieu ! Que la confession est une chose admirable ! »
N-D du L : Vaut-il mieux un entretien avec un psychologue ou bien la confession ?
P.MD : Ce n’est pas la même démarche, même si dans les deux cas on s’exprime devant quelqu’un qui écoute. Le travail avec un psychologue permet de se comprendre afin de dénouer
ses problèmes psychiques, il aide les personnes à mieux se connaître pour mieux s’assumer. La confession des péchés est un acte religieux dans lequel on reconnaît son péché,
c'est-à-dire tout ce qui dans nos vies est contraire à l’amour de Dieu, et on demande à être pardonné.
N-D du L : Une personne non
baptisée peut-elle se confesser ?
P.MD : Pour recevoir un sacrement, il faut être baptisé. Le prêtre ne peut donc donner le sacrement du pardon à une personne non baptisé. Il peut tout de même l’accueillir si elle le désire et l’aider à découvrir l’amour miséricordieux de Dieu.
N-D du L : On dit que le prêtre est tenu à ce qu’on appelle «le secret de la confession », qu’en est-il exactement ?
P.MD : Le secret de la confession est absolu. Il ne saurait être remis en question par quiconque. Il s’agit du secret inviolable de l’intimité d’une personne en relation avec
Dieu, qui s’est livrée dans la confiance. L’abandon à la miséricorde de Dieu a besoin de cette confiance. Mais il est bon aussi que ce secret soit réciproque. Je déteste entendre : « en
confession, le Père untel m’a dit que… » Ce Père ne pourra jamais que se taire.
N-D du L : A quel rythme est-il nécessaire de recevoir ce sacrement ?
P.MD : Bien sûr, il ne faut pas tomber dans le scrupule, mais en règle générale, on ne se confesse jamais assez.
N-D du L : Et les prêtres, y ont-il recours ?
P. MD : Les prêtres ne peuvent se donner à eux-mêmes le sacrement du pardon, ils se confessent donc comme tout baptisé à d’autres prêtres. Même le Pape se
confesse.
N-D du L : Quelle(s) figure(s) biblique pourrait nous aider à entrer dans cette démarche d’amour de Dieu et de nos frères ?
P. MD : Dans l’évangile, il y a beaucoup d’exemples de personnes qui sont bouleversées et transformées par leur rencontre avec Jésus. Suivant notre cheminement, nous pouvons nous sentir proche de l’une ou l’autre de ces personnes. Il y a tout de même les figures incontournables de Marie Magdeleine et de Zachée, et la
parabole dite de l’enfant prodigue qui nous parle de l’amour miséricordieux du Père.
Propos recueillis par G. d’A.
Permaneces de confessions à Notre-Dame du Laus.
En semaine : de 9h30 à 11h et de 14h30 à 17h.
Le dimanche : de 9h30 à 10h15 et de 14h30 à 17h.

