Le mot du Recteur

Amis blogueurs,

Merci de venir participer par ce moyen à la vie de notre Sanctuaire. Ce blog apporte les informations quotidiennes ou de la semaine. Liturgies, propositions spirituelles, enseignements, homélies, rencontres sont inscrits pour permettre au pèlerin d'envisager un séjour parmi nous ou de conserver ensuite un lien quotidien avec nous. Pour recevoir plus d'informations sur l'histoire de ce grand sanctuaire appuyée sur 54 années de rencontres entre une paysanne des Hautes-Alpes et la Vierge Marie au 17ème siècle, il faut se reporter au site du Sanctuaire indiqué ci-après. De même, le site indique toute information pratique sur l'hostellerie du Sanctuaire afin d'organiser ce séjour.
N'hésitez pas à déposer sur cette page du Blog vos demandes de prières, votre témoignage. Nous en tenons compte pour vous apporter du mieux que nous le pouvons un soutien fraternel. Bonne lecture de cette page et des informations ci-jointes.
Le Seigneur vous offre sa paix !
P. Bertrand Gournay,
recteur.


 

Agenda

NOVEMBRE

Le 1er
Fête de la Toussaint
Messe à 10h30
A partir de 15h : Vêpres et bénédiction des tombes.

Les 2, 3 et 4
A l'école de la Vierge Marie, marcher dans la joie sur les chemins de la vie,
avec le Fr Didier Vernay, o.p.
A 9h30 et à 15h30

Le 25
Solennité du Christ Roi
Messe à 10h30

DECEMRE

Le 8
Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie
Messe à 11h15.

Les 24 et 25
Solennité de la Nativité du Seigneur

Les 26 et 27
Rencontre des membres de la Communion du Laus.

Le 28
Fête de la Sainte Famille
Anniversaire de la mort de Benoîte
Messe à 11h15
Prière à la chambre de Benoîte à 20h15,
suivie d'une procession et des Complies à la Basilique.





















































 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 6 octobre 2008

Dimanche 5 octobre 

Ecoutez une autre parabole. Un homme était propriétaire, et il planta une vigne ; il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. Quand approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits. Mais les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, en lapidèrent un troisième. De nouveau il envoya d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même. Finalement il leur envoya son fils, en se disant : Ils respecteront mon fils. Mais les vignerons, en voyant le fils, se dirent par-devers eux : Celui-ci est l'héritier : venez ! tuons-le, que nous ayons son héritage. Et, le saisissant, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Lors donc que viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là ?" Ils lui disent : "Il fera misérablement périr ces misérables, et il louera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps." Jésus leur dit : "N'avez-vous jamais lu dans les Ecritures : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue pierre de faîte ; c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? Aussi, je vous le dis : le Royaume de Dieu vous sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits."  (Mt 21, 33-43) 

Cette parabole suit celle que la liturgie nous a transmise dimanche dernier. Il s’agissait de la parabole des deux fils. Un homme ayant deux enfants demande à chacun d’aller travailler à sa vigne. L’un refuse puis il s’y rend, l’autre accepte mais il ne s’y rend pas. Nous comprenons par-là que Jésus admet la difficulté que l’un ou l’autre d’entre nous peut éprouver de vouloir donner toute sa confiance au Père des cieux et à faire sa volonté. Mais quand le croyant se remet totalement à Dieu, il en reçoit la plus grande joie. Quelques grands pécheurs, comme Fesch, ce prisonnier condamné à mort et qui, converti, manifesta en prison une réelle sainteté, peuvent ainsi arriver au Royaume de Dieu bien avant d'autres, peut-être nous-mêmes.

Aujourd'hui, la parabole utilisée par Jésus pour nous parler de "l'œuvre du Seigneur" se déroule à nouveau autour d’une vigne. Après avoir parlé du travailleur de la dernière heure, des deux fils, il s'agit maintenant de vignerons homicides. La vigne, rappelons-nous, produit le vin que Jésus offrira en disant qu’il est « le vin du Royaume, fruit de la vigne et du travail des hommes, faites ceci en mémoire de moi. » Dans les Evangiles, cette comparaison de la vie du Royaume avec le vin veut exprimer que le travail des hommes aussi pénible et routinier que le renouvellement de la taille de la vigne et de la récolte du raisin est transformé par la présence vivante du Christ ressuscité en chacun des travailleurs. Pas le moindre geste de souffrance n'est oublié, absent de la résurrection.


C'est précisément ce que Jésus cherche à faire entendre aux prêtres et aux pharisiens de son temps. Il ne faut pasoublier que les équivalents actuels de ces chefs et ces pharisiens sont peut-être nos évêques, mais ils sont aussi nous qui avons des responsabilités d'annoncer la foi autour de nous de quelque manière que ce soit. Il nous faut toujours entendre quelque chose de nouveau de l'évangile. Dans cet exemple utilisé par Jésus, il décrit comment les hommes de tous les temps recommencent sans esse les mêmes erreurs envers les autres et envers le don du ciel. Les prophètes ont subi des violences et certains ont été tués chaque fois qu'ils remettaient en questions les habitudes dangereuses et toutes les formes d'égoïsme du peuple et des responsables de ce peuple de Dieu. Devant Jésus, ses contemporains, notamment les responsables de la foi d'Israël veulent le tuer. Il est le fils de Dieu et les signes des guérisons, les paroles même qu'il prononce, ne suffisent pas à les convaincre de la vérité qu'il porte en lui. Ou bien, cette vérité les rejoint tellement au plus profond d'eux-mêmes qu'ils préfèrent la supprimer devant leurs yeux et leur conscience. Vont-ils alors reproduire ce qui s'est sans cesse produit face à la vérité issue de Dieu ? "Oui", révèle Jésus. Plus haut, il le leur dit sans hésitation :

 "Devant monter à Jérusalem, Jésus prit avec lui les Douze en particulier et leur dit pendant la route : "Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ; et le troisième jour, il ressuscitera." (Mt 20, 17-19)


Aussi, Jésus dit à tous jusqu'à nous aujourd'hui qu'il s'agit que cesse la répétition de la violence, des vengeances et des refus d'entendre la vérité qui est offerte au fond de chacun. Un ordre nouveau est engagé par le Seigneur lui-même. La résurrection est d'abord une affirmation. Dieu est plus puissant que la mort et que toute force qui conduit l'homme au désespoir. Chacun ressent des blessures, une injustice, une incompréhension venant des autres. Mais il s'agit d'abord de compter sur l'amour qui nous vient du Père. Cet amour est premier, au-dessus de la violence des hommes. C'est lui qui nous assure de la primauté de notre vie sur celle de notre mort. Jésus dit à tous les hommes et plus seulement à son peuple, que nous avons les moyens d'être en paix intérieurement même si nous recevons les persécutions à l'extérieur. Car Dieu est avec nous. Il est l'Emmanuel, Dieu avec nous, affirme l'ange Gabriel à la vierge Marie. C'est cet effet de sa présence en nous que chacun doit tenter de trouver ou de retrouver s'il a perdu cette paix intérieure. Le Cosmos entier est empli de cet amour, l'homme peut s'en nourrir mais il maintient trop souvent son intérêt et ses peurs personnelles plutôt que de se laisser aller à l'accueil du tout amour.

Jean-Marie Pelt, ce botaniste et écologistes fameux est d'abord un scientifique. Il écrit ceci : "Dans la mesure où l'homme est fini, il ne peut pas atteindre l'infini. C'est impossible. Jeune, je pensais que même Dieu, un jour, serait démontré par la science ! Qu'il arriverait un jour où, je ne sais trop comment, on arriverait à tomber dessus ! sous le microscope ! Je ne dis plus aujourd'hui. J'ai évolué. Le divin, l'infini, si l'on est croyant, s'atteint mieux par la mystique que par la science. La mystique, c'est l'union à Dieu. Par la démarche mystique, on peut avoir des intuitions très fortes." (In "Le monde s'est-il créé tout seul", Entretiens avec P. Van Eersel, Coll. Entretiens / Clés, Albin Michel, p. 164)


Il est grand temps de changer notre lien avec les autres et avec la vie. Nous ne pouvons pas faire autrement que de subir ce qui nous arrive : les maladies, les décès, les humiliations ou les agressivités des proches, les difficultés d'argent, etc. Il y a tant de choses qui surviennent chaque jour ou brutalement que nous ne savons pas comment échapper à tout cela. Mais Jésus veut nous rappeler qu'il nous faut mettre en premier, au-devant de nos regards sur le monde et notre environnement, l'œuvre d'amour de Dieu en chacun des hommes et donc en nous. C'est cela la "pierre de faîte, admirable à nos yeux", dont parle Jésus.  C'est pourquoi, il nous invite à garder les yeux et les oreilles ouverts sur les autres, sur les plus pauvres, ceux qui sont différents notamment pour entendre et voir ce que l'Esprit Saint vient nous dire chaque jour, chaque instant. Notre vie de ressuscité s'exprime par notre ouverture aux autres et notre charité envers eux. Et combien nous avons du mal à placer notre vie de ressuscité devant notre vie de mortel. Aussi, laissons-nous inspirer par l'Esprit de Dieu, Esprit d'amour et de paix. 

 

                                                                                                                                                            Le Laus, 
Bertrand Gournay

 

par Bertrand Gournay publié dans : Le sanctuaire
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